Ecrins d'amour

Lors de mon séjour à la Casa Velazquez de septembre à décembre 2016, j'ai souhaité aller à la rencontre d'habitants de Madrid et collecter des histoires personnelles interrogeant en quoi certains lieux sont porteurs de ‹‹ magie ››,  de souvenirs intimes forts. 

De ces histoires, j'ai confectionné des écrins, afin de préserver et partager chacune d’entre elle. Chaque écrin possède une broderie faite main, qui représente un élément-clé de l’histoire. Ces petites formes déplacent ainsi ma pratique du dessin vers celle d'une patience appliquée, comme si derrière la lenteur de la gestualité du point, la sensation du lieu pouvait surgir.

Au Moyen-Âge, les brodeuses accompagnaient leur ouvrage en chantant ce qu’on appelle des Chansons de toile (on trouve en Espagne une équivalence dans les Cantas de Amigos). Ces chants féminins mettaient en scène une brodeuse attendant le retour de l’être aimé, souvent parti à la guerre. Elles décrivent l’attente insupportable de l’amour.

À travers nos mythologies (comme les personnages de Pénélope, Arianne, Arachnée…), nos représentations, nos expressions (tisser une intrigue, broder une histoire, il se trame quelque chose…), le fil est à la fois ce qui nous relie et ce qui nous raconte. Relation et narration son étroitement imbriquées, et l’on aime nouer des liens autant que les raconter.

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